Jacques GAFFAREL

Un érudit à la curiosité sans limite

Prêtre et Docteur en Théologie cet homme aux idées originales est considéré comme un visionnaire

Il est né à MANE, en 1601 dans la maison de Miravail, communément appelée «la Grande Salle », immense bâtiment austère, que l’on imagine volontiers peuplé de fantômes.
A-t-il subi l’influence de ce bâtiment, aujourd’hui encore, auréolé de mystère, ou est-ce parce que sa mère l’initia de bonne heure à la divination, il développera très tôt un goût pour le surnaturel et s’intéressera aux sujets les plus insolites
Après des études à APT puis à Valence et enfin à Paris où il étudia les sciences, la théologie et surtout les langues orientales, il fut Prieur de Ganagobie.

Jacques Gaffarel
Maison Miravail détail de la cheminée Ces nombreux écrits témoignent de son étonnante soif de découvertes et d’une curiosité intellectuelle sans limite, c’est ainsi qu’après s’être essayé au roman avec « Cléolthée ou les chastes aventures d’un Candien et d’une jeune Natolienne. Histoire dévote en laquelle on voit les effets de l’amour divin ». Il publie des ouvrages, consacrés aux fantômes ou à la « poudre de sympathie »…
texte de la retractation

Des Thèses trop osées pour son époque


Conseiller de Louis XIII et Bibliothécaire de Richelieu, il séjournera en Italie où ce dernier l’avait envoyé pour acquérir des livres rares pour la toute nouvelle Bibliothèque Royale ; il y découvrit notamment les ouvrages cabalistiques de Pico della mirandola qu’il n’eut de cesse d’étudier
Ses conceptions de la cabale « l'explication mystique des écritures, explication qui fut transmise avant et après la venue du Christ » heurtèrent le clergé, de même que son livre " Curiosités Inouyes sur la sculpture talismanique des Persans, horoscope des Patriarches et lecture des étoiles " qui fut censuré.
Gaffarel dût se rétracter pour éviter le bûcher à l’image de Galillée dont il fut un ardent partisan avec ses amis Gassendi et Peiresc.

le monde souterrain Le mystère de son dernier livre
Son ultime livre a disparu. Gaffarel avait entrepris, vers la fin de sa vie d’écrire une histoire du monde souterrain, mais celui-ci a dû être détruit ou égaré. Un simple prospectus d’imprimerie, décrivant l’ouvrage est parvenu jusqu’à nous. Il retrace une œuvre « surréaliste », sur toutes les formes de cavitez, « une description historique et philosophique de tous les plus beaux antres…. » de la caverne naturelle aux cavernes……… du corps !!

Jacques GAFFAREL est décédé le 1er novembre 1681 à Sigonce (Alpes de Haute Provence), il est enterré dans le prieuré de Ganagobie et repose sous les magnifiques mosaiques du chœur.

Personnage original, extraordinaire érudit, humaniste, amis des plus grands, cet homme fascinant à la personnalité complexe mériterait bien plus que ces quelques lignes, pour le faire sortir de l’oubli

mosaique Ganagobie

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